Idée reçue n°3 : l’intelligence collective, ça fait perdre du temps

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17 octobre 2022

Oui mais si c’était pour en gagner ? Ou plutôt pour faire gagner, in fine, de la valeur à son entreprise et à ses clients ? On vous explique pourquoi et comment !

On croit souvent à tort que l’intelligence collective se résume à un chapelet de réunions successives. Et on comprend aisément que d’aucuns aient le poil qui se hérisse quand il s’agit d’ajouter des réunions à leur agenda ultra chargé… surtout quand on sait qu’en 2018, les cadres ont passé l’équivalent de 27 jours en réunion – plus qu’ils n’ont de jours de congé – et que trois réunions sur quatre n’aboutissent à aucune prise de décision ! 

Changeons de lunettes !

Mais l’intelligence collective, ce n’est pas que ça, loin de là ! C’est surtout une nouvelle façon de créer de la valeur pour son entreprise et plus encore pour ses clients. Et c’est précieux. Certes, qui dit intelligence collective, dit forcément groupes de travail et temps de travail collectif. Le temps investi est important, mais le résultat l’est encore plus. Dire « ça prend du temps », ce n’est pas mesurer la valeur du résultat obtenu. Changeons de lunettes : ce n’est pas le temps passé qu’il faut regarder, mais bien la valeur du résultat ! Grâce à l’intelligence collective, certaines entreprises que nous avons accompagnées ont brigué, au bout de quatre mois, des résultats qu’elles n’auraient jamais obtenus par ailleurs. 

Le secret ? 

Le Graal de tout un chacun ? Atteindre un objectif tout en étant efficace, bien sûr ! Dans une démarche d’intelligence collective, ce qui permet de retirer le meilleur du groupe, c’est la qualité du cadre qui le porte. Mais quel est ce cadre, alors ?

  1. Première clé : la clarification en amont de la nature du rendez-vous. Les rendez-vous collectifs peuvent, en effet, poursuivre des objectifs très différents : cherche-t-on à se synchroniser, à instruire un sujet ou à prendre une décision ? C’est cet objectif qui amène à définir la méthode de travail et le protocole d’animation adaptés.
  2. Deuxième clé : la sélection par l’animateur des « bonnes » personnes à inviter. Il ne s’agit pas de se demander qui travaille sur le sujet et doit être dans la salle, mais plutôt qui porte ou est responsable d’une partie de l’objectif poursuivi. Les réunions souffrent de trop peu de contributeurs engagés sur le résultat à atteindre. Dit autrement, on cherche des acteurs, pas des spectateurs ! 
  3. Troisième clé : l’art de la préparation. Comme dans une pièce de théâtre, l’improvisation a une place, mais limitée. La clé de voûte reste le travail de répétition. Stimuler l’intelligence collective ne s’improvise pas ! Comment installer une ambiance et une dynamique de travail de confiance, fertiles ? Comment aller chercher le meilleur de l’expérience des contributeurs ? Comment assurer le bon niveau de discussion ? Quels degrés de liberté proposer ? De quoi pourra-t-on débattre réellement ? Et, a contrario, qu’est-ce qui ne pourra pas être remis en question ? Comme le reste, tout est question de méthode. 80 % du succès d’un rendez-vous collectif appartient à la qualité de sa préparation.

Booster de création de valeur 

Non, l’intelligence collective ne fait pas perdre de temps, elle fait avancer : en allant chercher une multiplicité d’expériences et de points de vue, en les mélangeant, en créant ainsi de la différence, en enrichissant les idées, on gagne un temps fou ! Et ce, aussi bien en matière d’analyse que de créativité. Ensemble, on fait un pas de côté. Ensemble, on va plus loin. Sortons du syndrome de la solitude au travail selon lequel un collaborateur est forcément payé pour trouver la solution tout seul, « comme un grand »

Vous reprendrez bien une part de gâteau ?

Quand les gens se questionnent sur un sujet, qu’ils ont été impliqués dans la réflexion, qu’ils y ont pris du plaisir, c’est autant de temps gagné ensuite dans la mise en œuvre. Parce qu’ils y mettent un peu d’eux, parce que, du coup, le sujet devient le leur, parce que chacun se considère alors comme partie prenante. Il s’agit des processus d’appropriation et d’engagement (librement consenti). Si vous m’aidez à faire un gâteau, il y a de fortes chances (c’est prouvé) que vous le dégustiez avec moi ensuite. Bon appétit !

Nouvelle habitude de travail

Et l’intelligence collective, ce n’est pas des réunions de co-construction à organiser de temps en temps comme un pansement ou un coup de blush, pour faire joli ou pour faire semblant d’avoir un fonctionnement collaboratif ou participatif en interne. Non, c’est une culture à installer, c’est une nouvelle habitude de travail à prendre, c’est une posture à adopter à tous les étages du management et en permanence – et d’autant plus en période de crise. Et ça s’apprend. En revanche, une fois que l’habitude est prise, souvent, on n’arrive plus à travailler autrement. C’est addictif, comme le chocolat ! 😀

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